Mais pourquoi M. Boissec ne fait-il pas ses affaires lui-même? Il doit se méfier de toi?
JEANNOT.
Il ne voulait pas paraître dans les affaires pour ne pas être pris. En cas de découverte, il fait tout tomber sur moi, il me fait chasser comme un voleur, et le maître est content: il croit M. Boissec un trésor de probité.
KERSAC.
Et toi, donc? Tu te trouves sur le pavé. JEANNOT.
Oh! que non. Il me replace bien vite dans une autre bonne maison, en me recommandant comme un sujet rare. En attendant une place, il me fournit de quoi vivre, sans quoi je parlerais. Et quant à se méfier de moi, je ne sais pas s'il s'en méfie, mais il n'en témoigne rien, toujours; il n'oserait pas.
KERSAC.
Quel mal pourrais-tu lui faire?
JEANNOT.
Quel mal? Le dénoncer aux maîtres en faisant l'indigné, et en déclarant que je suis honnête homme, que je suis attaché aux maîtres, et que je ne peux plus souffrir de les voir trompés par un voleur. Ou bien un autre moyen, c'est d'écrire une lettre anonyme en plaignant le pauvre garçon (moi) de se trouver obligé, par la misère, à aider à ces friponneries qui le révoltent.»