Jean ne pouvait plus se contenir.
JEAN.
Jeannot, ce que tu fais, ce que tu aides à faire est infâme; c'est un vol abominable, une tromperie indigne. Jeannot, pauvre Jeannot, sors de cette maison, quitte Paris où tu as de mauvaises connaissances, retourne au pays; notre bon M. Kersac aura pitié de toi, il te trouvera de l'ouvrage. Mais, mon pauvre Jeannot, je t'en supplie, ne reste pas dans cette maison de voleurs.
JEANNOT.
Mon garçon, tu es un niais; la maison est bonne et j'y resterai; je veux être dans une maison riche, et elles sont toutes de même; les maîtres ne s'occupent pas des domestiques, ils les laissent tranquilles, ne s'informent pas s'ils passent les nuits dehors, au café, au bal ou au théâtre, n'importe. Ils payent, ils se laissent voler. A la chambre, à la cuisine, à l'écurie, c'est tout la même chose. Je vis heureux, je m'amuse, je fais bonne chère, de l'argent à profusion, j'en dépense et j'en refais. Toi, au contraire, tu travailles, tu t'ennuies, tu fais maigre, tu restes à la maison, tu vas à la messe, tu mènes une vie de capucin. Ça ne me va pas; toi, je ne t'en empêche pas si tu préfères un capucin à un bon garçon qui boit, qui danse, qui fait la vie.
JEAN.
Mais, Jeannot, pense donc qu'il y a un APRÈS, comme je te le disais un jour, et que....
JEANNOT.
Ta, ta, ta, laisse-moi tranquille, je ne veux pas d'APRÈS; je ne veux pas que tu me cornes aux oreilles ton APRÈS, qui me revient déjà assez souvent....
JEAN.