La cérémonie était terminé; Elfy était la femme de Moutier qui la reçut à la sacristie des mains du général. Ils avaient tous les deux l'air radieux. Moutier emmena sa femme, et, suivant la recommandation du général, la mena dans la maison du Général reconnaissant, où devaient se réunir les invités. Toute la noce suivit les mariés, le général toujours en tête, mais cette fois menant Mme Blidot au lieu d'Elfy.
LE GÉNÉRAL.—A quand votre noce, ma petite femme?
MADAME BLIDOT.—La mienne? Oh! général, jamais! Vous pouvez: m'en croire. J'ai eu assez de la première.
LE GÉNÉRAL.—Comme vous dites ça, ma pauvre petite femme! Vous avez l'air d'un enterrement.
MADAME BLIDOT.—Oh! général! c'est que j'ai la mort dans l'âme!
LE GÉNÉRAL.—Un jour comme celui-ci? par exemple!
MADAME BLIDOT.—Général, vous savez que Jacques et Paul sont ma plus chère, ma plus vive affection. Voici leur père revenu; me les laissera-t-il? consentira-t-il jamais à s'en séparer?
LE GÉNÉRAL.—Pour dire vrai, je ne le crois pas, ma bonne amie. Mais, que diantre! nous n'y sommes pas encore! Et puis je suis là, moi. Ayez donc confiance dans le vieux général. Voyez la noce, le contrat, le dîner et tout; vous étiez d'une inquiétude, d'une agitation! Eh bien, qu'en dites-vous? Ai-je bien mené l'affaire? A-t-on manqué de quelque chose? De même pour les enfants, je vous dis: Soyez tranquille; il dépendra de vous de les garder toujours, avec l'autorité d'une mère..
MADAME BLIDOT..—Oh! si cela ne dépendait que de moi, ce serait fait!
—Bon! souvenez-vous de ce que vous venez de dire. Je vous le rappellerai en temps et lieu, et vous aurez vos enfants. Nous voici arrivés; plus de tristesse; ne songeons qu'à nous réjouir; sans oublier de boire et de manger. Le général quitta Mme Blidot pour jeter un coup d'oeil sur le dîner. Tout était prêt; il fut content de l'aspect général et revint près d'Elfy pour l'avertir qu'on allait servir. La porte du fond s'ouvrit, et un maître d'hôtel, en grande tenue parisienne, annonça: