«Nous serons cinquante-deux; comptez sur cent quatre gros mangeurs, et vous n'aurez pas de restes.»

«Volailles à la suprême!» reprit le maître d'hôtel quand les perdreaux et les truffes eurent disparu sans laisser de traces de leur passage.

Jacques et Paul avaient mangé jusque-là sans mot dire.

A la vue des volailles ils reconnurent enfin ce qu'ils mangeaient.

«Ah! voilà enfin de la viande,» s'écria Paul.

—De la viande? reprit le général indigné; où vois-tu de la viande, mon garçon?

JACQUES.—Voilà, général! dans ce plat. Ce sont les poulets de tante Elfy.

LE GÉNÉRAL, indigné.—Ma bonne madame Blidot, de grâce, expliquez à ces enfants que ce sont des poulardes du Mans, les plus fines et les plus délicates qui se puissent manger!

ELFY, riant.—Croyez-vous, général, que mes poulets ne soient pas fins et délicats?»

—Vos poulets! vos poulets! reprit le général contenant son indignation. Mon enfant, mais ces bêtes que vous mangez sont des poulardes perdues de graisse, la chair en est succulente...