L'HOMME.—Eh bien, mon petit Jacques, veux-tu que je t'emmène? J'aurai soin de toi.
JACQUES.—Et Paul?
L'HOMME.—Paul aussi; je ne voudrais pas le séparer d'un si bon frère. Réveille-le et partons.
JACQUES.—Mais Paul est fatigué; il ne pourra pas marcher aussi vite que vous.
L'HOMME.—Je le mettrai sur le dos de Capitaine; tu vas voir.
Le voyageur souleva doucement le petit Paul toujours endormi, le plaça à cheval sur le dos du chien en appuyant sa tête sur le cou de Capitaine. Ensuite il ôta sa blouse, qui couvrait sa veste militaire, en enveloppa le petit comme d'une couverture, et, pour l'empêcher de tomber, noua les manches sous le ventre du chien.
«Tiens, voilà ta veste, dit-il à Jacques en la lui rendant; remets-la sur tes pauvres épaules glacées, et partons.»
Jacques se leva, chancela et retomba à terre; de grosses larmes roulèrent de ses yeux; il se sentait faible et glacé, et il comprit que lui non plus ne pourrait pas marcher.
L'HOMME.—Qu'as-tu donc, mon pauvre petit? Pourquoi pleures-tu?
JACQUES.—C'est que je ne peux plus marcher; je n'ai plus de forces.