LE GÉNÉRAL.—Je ne veux rien que du repos, mon ami. Pas de médecin, pour l'amour de Dieu! Laissez-moi dormir. La pensée que je me trouve ici, chez vos bonnes amies et près de vous, me donne une satisfaction et un calme dont je veux profiter pour me reposer. A demain, mon brave Moutier, à demain.

Le général avala un second verre de vin, tourna la tête sur l'oreiller et s'endormit.

VIII

Torchonnet placé.

Mme Blidot et Moutier restèrent quelques instants près du général, mais, le voyant si calme, Mme Blidot dit:

«Je vais rester près de lui un peu de temps pour voir si le sommeil n'est pas agité, cher monsieur Moutier, tout en nettoyant et en rangeant la chambre. Et vous, allez voir ce que deviennent là-bas ces brigands de Bournier.»

MOUTIER.—Vous avez raison, ma bonne madame Blidot; Où est mon pauvre Jacques?

MADAME BLIDOT.—Avec Elfy, sans doute; vous les trouverez dans la salle.

Moutier sortit, ferma la porte et entra dans la salle. Elfy y était avec les enfants. Jacques se précipita au-devant de Moutier.

«Comme j'ai eu peur pour vous, mon cher bon ami! Quand j'ai entendu le coup de pistolet, j'ai cru qu'on vous avait tué.»