LE GÉNÉRAL.—J'y vais aussi. Nous pourrons nous retrouver au chemin de fer pour faire route ensemble.

LE SOLDAT.—Très flatté, Monsieur. Mais je vais à Domfront pour prendre la correspondance du chemin de fer...

LE GÉNÉRAL.—Et nous aussi. Parbleu! ça se trouve bien; nous partirons demain! tous trois militaires! Ça ira Bien!

LE SOLDAT.—Il faut que je parte tout de suite, Monsieur; on m'attend ce soir même pour une affaire importante. Bien fâché, Monsieur! nous nous retrouverons à Bagnoles.

Le soldat porta la main à son képi et sortit avec le même air grave et triste qu'il avait en entrant. Sur le seuil de la porte, il aperçut Jacques et Paul qui rentraient en courant. Il tressaillit en regardant Jacques, le suivit des yeux avec intérêt et ne se mit en route que lorsqu'il eut entendu Jacques dire à Mme Blidot:

«Maman, M. le curé est très content de moi.»

Jacques fit voir ses notes et celles de Paul; elles étaient si bonnes que le général voulut absolument leur donner à chacun une pièce d'or.

«Prenez, mes enfants, prenez, dit-il; c'est l'adieu du prisonnier; ce ne serait pas bien de me refuser parce que je ne suis qu'un pauvre prisonnier.»

JACQUES.—Oh! mon bon général, comment pouvez-vous croire...? vous qui êtes si bon.

LE GÉNÉRAL.—Alors prenez.