Le prince: «Eh! mon Dieu, oui! un pauvre prince sans le sou, qui sera assez bon pour vivre heureux au milieu d'excellents amis, si toutefois ses amis veulent bien le lui permettre.»

Mme Dabrovine lui serra la main en le remerciant affectueusement de la preuve d'amitié qu'il leur donnait. Le général l'embrassa à l'étouffer; Natasha le remerciait du bonheur de ses frères; Jacques et Paul restaient à l'écart.

«Et vous, mes bons enfants, leur dit le prince en les embrassant, je veux aussi vous conserver comme élèves: je serai encore votre maître et toujours votre ami. C'est toi, mon petit Paul, qui m'as trouvé le premier.»

Paul: «Je me le rappelle bien! Vous aviez l'air si malheureux! Cela me faisait de la peine.»

Jacques: «J'ai bien pensé que vous vous étiez sauvé de quelque prison! Vous aviez si peur qu'on ne vous dénonçât.»

Le prince: «L'as-tu dit à quelqu'un?»

Jacques: «A personne! Jamais! Je savais bien que cela pourrait vous faire du mal.»

Le général: «Brave enfant! tu auras la récompense de ta charitable discrétion.»

Jacques: «Je n'en veux pas d'autre que votre amitié à tous!

Le général: «Tu l'as et tu l'auras, mon brave garçon.»