Le général s'assit par terre et fit signe à Dérigny d'en faire autant.
«Je regrette de ne pas avoir mes cigares, dit-il, nous en aurions fumé chacun un; il n'y a rien qui remonte autant.
—Les voici, mon général, dit Dérigny en lui présentant son porte-cigares et une boîte d'allumettes.
—Vous pensez à tout, mon ami, répondit le général, touché de cette attention. Prenez-en un et fumons... Eh bien, vous ne fumez pas?»
Dérigny:«Mon général, vous êtes bien bon..., mais je n'oserais pas..., Je ne me permettrais pas...
Le général: «D'obéir, quand je vous l'ordonne? Allons, pas de résistance, mon ami. Je vous ordonne de fumer un cigare, là..., près de moi.» Dérigny s'inclina et obéit; ils fumèrent avec délices.
«Tout de même, mon général, dit Dérigny en finissant son cigare, c'est un fier service que vous m'avez rendu en m'obligeant à fumer.
J'avais si chaud, que j'aurais peut-être attrapé du mal si je ne m'étais réchauffé la poitrine en fumant.»
Le général: «Et moi donc! C'est grâce à votre prévoyance, à votre soin continuel de bien faire, que nous serons tous deux sur pied ces jours-ci; j'avais aussi une chaleur à mourir, et j'étais si fatigué, que je ne pouvais plus me soutenir; il est vrai que je vous ai vigoureusement maintenu tout le temps de la montée!»
Dérigny, souriant: «Je crois bien, mon général! je m'appuyais sur vous de tout mon poids.»