Le général: «Je crois bien, sois tranquille!»
Le général posa Ivane à terre, se secoua pour se débarrasser des autres enfants qui tenaient ses bras, ses jambes, qui sautaient après lui pour l'embrasser, et offrant le bras à sa nièce:
«Venez, Maria Pétrovna, venez dans votre appartement. C'est arrangé à la française par mon brave Dérigny que voici, ajouta-t-il en le désignant à Mme Papofski, aidé par sa femme et ses enfants; ils ont des idées et ils sont adroits comme le sont tous les Français. C'est une bonne et honnête famille, pour laquelle je demande vos bontés.»
Madame Papofski: «Comment donc, mon oncle, je les aime déjà, puisque vous les aimez. Bonjour, monsieur Dérigny, ajouta-t-elle avec un sourire forcé et un regard méfiant; nous serons bons amis, n'est-ce pas?»
Dérigny salua respectueusement sans répondre.
Madame Papofski, durement: «Venez donc, enfants, vous allez faire attendre votre oncle. Sonushka, marche à côté de ton oncle pour le soutenir.»
Le général: «Merci, bien obligé, je marche tout seul: je ne suis pas encore tombé en enfance; Dérigny ne me met ni lisières ni bourrelet.»
Madame Papofski, riant aux éclats: «Ah! mon oncle, comme vous êtes drôle! Vous avez tant d'esprit!»
Le général: «Vraiment! c'est drôle ce que j'al dit? Je ne croyais pas avoir tant d'esprit.»
Madame Papofski, l'embrassant: «Ah! mon oncle! vous êtes si modeste! vous ne connaissez pas la moitié, le quart de vos vertus et de vos qualités!»