«Méchants enfants, s'écria-t-elle, mon pauvre Paul ne jouera plus avec vous.

—Vous êtes une impertinente, dit Sonushka, et je demanderai à mon oncle de vous faire fouetter.»

Mme Dérigny poussa un éclat de rire, qui irrita encore plus les quatre aînés, et emmena Paul sans répondre. Jacques revenait avec la corde; effrayé de voir pleurer son frère, il crut que Mme Dérigny l'emmenait pour le punir.

«Maman, maman, pardonnez à ce pauvre Paul; laissez-le jouer avec les neveux du général», s'écria Jacques en joignant les mains. Mais, quand il sut de Mme Dérigny pourquoi elle l'emmenait, et que Paul lui raconta la méchanceté de ces enfants, il voulut, dans son indignation, porter plainte au général; Mme Dérigny l'en empêcha.

«Il ne faut pas tourmenter le général de nos démêlés, mon petit Jacques, dit-elle. Ne jouez plus avec ces enfants mal élevés, et Paul n'aura pas à en souffrir.

—Ils n'auront toujours pas la corde, dit Jacques en embrassant Paul et en suivant Mme Dérigny. T'ont-ils fait bien mal, ces méchants, mon pauvre Paul?»

Paul: «Non, pas trop; mais tout de même ils tapaient fort quand maman est arrivée; et puis j'étais fatigué. Le garçon que les autres appelaient Yégor était lourd, et je ne pouvais pas aller vite à quatre pattes.»

Jacques consola son frère de son mieux, aidé de Mme Dérigny; elle était occupée à réparer le désordre de leurs chambres, que Dérigny avait dépouillées pour rendre plus commodes celles de Mme Papofski et de ses enfants. Ils coururent à la recherche de Dérigny, qui courait de son côté pour trouver les objets nécessaires au coucher et à la toilette de sa femme et de ses enfants.

Jacques: «Voilà papa, je le vois qui traverse la cour avec d'énormes paquets. Par ici, maman; par ici, Paul.»

Et tous trois se dépêchèrent d'aller le rejoindre.