—Bon, excellent garçon, dit le général attendri, en lui caressant la joue; tu m'aimes donc réellement malgré mes humeurs, mes colères, mes injustices?

—Oh oui! général, beaucoup, beaucoup, répondit Jacques en appuyant ses lèvres sur la main du général, nous vous aimons tous beaucoup.»

Le général: «Mes bons amis! et moi aussi je vous aime! Vous êtes mes vrais, mes seuls amis, sans flatterie et avec un véritable désintéressement. Je vous crois, je me fie à vous et je veux votre bonheur.»

Le général, de plus en plus attendri, essuyait ses yeux d'une main, et de l'autre continuait à caresser les joues de Jacques. La porte s'entr'ouvrit doucement, et la tête de Yégor parut.

«Mon oncle, maman vous fait demander de lui envoyer tout de suite le petit Français et la mère, pour les faire fouetter devant elle.»

Le général se retourna; son visage devint flamboyant.

«Entre!» cria-t-il d'une voix tonnante.

Yégor entra.

Le général: «Dis à ta mère que, si elle s'avise de toucher à un seul de mes Français, qui sont mes amis, mes enfants,... entends-tu? mes... en...fants! je la ferai fouetter elle-même devant moi, jusqu'à ce qu'elle n'ait plus de peau sur le dos. Va, petit gredin, petit menteur, va rejoindre tes scélérats de frères et soeurs. Et prenez garde à vous; si j'apprends qu'on ait maltraité mes petits amis Jacques et Paul, on aura affaire à moi.»

Yégor se retira effrayé et tremblant; il courut dire à sa mère, à ses frères et à ses soeurs ce qu'il venait d'entendre de la bouche de son oncle.