«Ne vous dérangez pas, ma bonne dame: je serais si désolée de vous déranger! Je viens vous dire combien mes enfants sont fâchés d'avoir fait pleurer, sans le vouloir, votre petit garçon. Je les ai bien grondés; ils ne recommenceront plus. Comme ils sont charmants, vos enfants! Il faut absolument que je les embrasse!»
Mme Papofski s'approcha de Jacques et de Paul, qui reculaient et cherchaient à éviter le contact de Mme Papofski; mais Dérigny les fit avancer et ils furent obligés de se laisser embrasser.
«Charmants! répéta-t-elle en se retirant. Adieu, Monsieur Dérigny; adieu, ma chère Madame Dérigny. Dites demain matin à mon oncle que je trouve vos enfants charmants.»
Elle se retira en souriant, et laissa les Dérigny étonnés et indignés.
Madame Dérigny: «En voilà une qui est fausse! Ne dirait-on pas qu'elle nous aime et nous veut du bien?... C'est incroyable! Croit-elle que j'aie déjà oublié sa froideur et ses menaces?»
Dérigny: «Est-ce qu'elle réfléchit seulement à ce qu'elle dit? Elle voit les bontés du général pour nous; elle comprend qu'elle ne pourra pas nous perdre dans son esprit; que notre appui pourra lui être utile auprès de son oncle, qu'elle voudrait piller et dépouiller; alors elle change de tactique: elle nous fait la cour au lieu de nous maltraiter.»
Paul: «Papa, je n'aime pas cette dame; elle a l'air méchant; tout à l'heure, quand elle m'embrassait, j'ai cru qu'elle allait me mordre.»
Dérigny sourit, regarda sa femme qui riait bien franchement, et embrassa Paul...
Dérigny: «Elle ne te mordra pas tant que le général sera là, mon enfant.»
Paul: «Et si le général s'en allait?»