Le général, enchanté: Mettez que je me sois trompé de deux ou trois ans, ma nièce; Natalie a trente-deux ans, vous en avez bien quarante-deux.

Madame Papofski: Cinquante, mon oncle, soixante, si vous voulez.

Le général, avec malice: Hé! hé! nous y arriverons, ma nièce; nous y arriverons. Voyons, vous êtes née en mil huit cent seize....

Madame Papofski: Ah! mon oncle, à quoi sert de compter, puisque je veux bien vous accorder que j'ai soixante ans?

Le général: Du tout, du tout, les comptes font les bons amis, et...

Madame Dabrovine: Mon cher oncle, nous voici dans la salle à manger; je dois avouer que j'ai si faim....

Le général: Et moi j'ai faim et soif de la vérité; alors je dis de mil huit cent....

Madame Dabrovine: La vérité, la voici, mon oncle; c'est que vous êtes un peu taquin comme vous l'étiez jadis, et que vous vous amusez à tourmenter la pauvre Maria, qui ne vous a rien fait pourtant. Regardez Natasha, comme elle vous regarde avec surprise.»

Le général se retourna vivement, quitta le bras de Mme Papofski et fit asseoir tout le monde. «Est-ce vrai que tu t'étonnes de ma méchanceté, Natasha? Tu me trouves donc bien mauvais?

Natasha: Mon oncle....»