Natasha rougit et se tut.
Le général, souriant: Parle, mon enfant, parle sans crainte... Puisque je viens de dire que j'ai faim et soif de la vérité.
Natasha: Mon oncle, il me semble que vous n'êtes pas bon pour ma tante, et c'est ce qui cause mon étonnement; je vous ai connu si bon, et maman disait de même chaque fois qu'elle parlait de vous.
Le général: Et à présent, que dis-tu, que penses-tu?
Natasha: Je pense et je dis que je vous aime, et que je voudrais que tout le monde vous aimât.
Le général: Nous reparlerons de cela plus tard, ma petite Natasha; en attendant que je me corrige de mon humeur taquine, dînons gaiement; je te promets de ne plus faire enrager ta tante.
Natasha: Merci, mon oncle. Vous me pardonnez, n'est-pas pas, d'avoir parlé franchement?
Le général, riant: Non seulement je te pardonne, mais je te remercie; et je te nomme mon conseiller privé.»
Le général, de plus en plus enchanté de ses nouveaux convives, fut d'une humeur charmante; il réussit à égayer sa nièce Dabrovine, qui sourit plus d'une fois de ses saillies originales. Dans la soirée, les enfants allèrent jouer dans une grande galerie attenant au salon. Natasha allait et venait animait les jeux qu'elle dirigeait, faisait sourire sa mère et rire son oncle par sa joie franche et naïve. Plusieurs jours se passèrent ainsi; le général s'attachait de plus en plus à sa nièce Dabrovine et détestait de plus en plus les Papofski. Un soir Natasha accourut dans le salon.
«Mon oncle, dit-elle, permettez-vous que j'aille chercher Jacques et Paul pour jouer avec nous? ils doivent avoir fini de dîner.