Dérigny: «C'est la joie de vous revoir qui les trouble, mon général. Il n'y a peut-être pas longtemps qu'ils savent votre arrivée?»
Le Général: «Je crois bien! je n'avais pas écrit; c'est Stépane qui m'a annonce.»
Dérigny: «Mais... alors, mon général, les pauvres gens ne sont pas coupables: ils n'ont pas eu le temps de préparer quoi que ce soit.»
Le Général: «Pas seulement mon souper, que j'attends encore. En vérité, cela est trop fort!»
Dérigny: «C'est pour qu'il soit meilleur, mon général, c'est pour que les viandes soient bien cuites, qu'on vous les fait attendre.»
Le Général, souriant: «Vous avez réponse à tout, vous... Et je vous en remercie, mon ami, ajouta-t-il après une pause, parce que vous avez fait passer ma colère. Et comment êtes-vous installés, vous et les vôtres?»
Dérigny: «Très bien, mon général: nous avons tout ce qu'il nous faut.»
«Votre Excellence est servie», dit Vassili, en ouvrant les deux battants de la porte.
Le général passa dans la salle à manger, suivi de Dérigny, qui le servit à table; cinq ou six domestiques étaient là pour aider au service.
«Ha! ha! ha! dit le général, voyez donc, Dérigny, les visages étonnés de ces gens, parce que vous me servez à boire.»