L'ANGLAIS.—Yes, my dear...
ALCIDE.—Mais, M'sieur, c'est impossible, parce que je pourrais rencontrer quelqu'un de chez les Bonard, et qu'on pourrait croire que je l'ai volé.
L'ANGLAIS.—Jé né comprends pas très bien. Ça faisait rien, porte le turkey.
ALCIDE.—Je ne peux pas, M'sieur; on me verrait.
L'ANGLAIS.—Pas si haut, my dear. Jé ne souis pas sourde. Jé té disais: Porte le turkey. Tu n'entendais pas?»
Alcide chercha à lui faire comprendre pourquoi il ne pouvait le porter, et il profita d'un moment d'indécision de l'Anglais pour lui passer le dindon sous le bras et se sauver en courant.
L'Anglais, embarrassé de son dindon qui se débattait, le serra des deux mains pour l'empêcher de s'échapper. Le pauvre dindon, fortement comprimé, réalisa les craintes de son nouveau maître; il salit copieusement l'inexpressible, c'est-à-dire le pantalon de M. Georgey. Celui-ci fit un oh! indigné, ouvrit les mains d'un geste involontaire, et lâcha le dindon, qui s'enfuit avec une telle vitesse, que l'Anglais désespéra de l'attraper. Il se borna à le suivre majestueusement de loin et à ne pas le perdre de vue. Il ne tarda pas à arriver à la barrière.
Pendant ce temps, Julien faisait rentrer son troupeau; Bonard était dans la cour.
«M'sieur, M'sieur, cria Julien en l'apercevant, je me presse de rentrer pour sauver mon troupeau.
BONARD.—Qu'est-ce qui t'arrive donc? As-tu fait quelque mauvaise rencontre?