JULIEN, étonné.—Pas possible, M'sieur, puisque je viens de les compter en approchant de la barrière.»

Au moment où ils allaient recommencer leur compte, des piaulements se firent entendre; ils virent un dindon qui cherchait à passer à travers les claires-voies de la barrière. Julien courut lui ouvrir et s'écria joyeusement:

«La voici, M'sieur, c'est notre dinde; elle a perdu des plumes et une partie de sa queue; c'est, bien sûr, la nôtre. Mais comment a-t-on fait pour me l'enlever, moi qui ne les ai pas quittées des yeux?»

Bonard prit la dinde, l'examina, la retourna de tous côtés, et ne vit rien qui pût faire connaître comment elle avait été prise sans que Julien ait pu voir le voleur. Il devina à peu près la vérité, mais il voulut s'en assurer avant d'en rien dire.

IV

RACLÉE BIEN MERITÉE

Au même instant, l'Anglais arriva et alla droit à Julien en se croisant les bras.

L'ANGLAIS.—Pétite, tu étais malhonnête!»

Julien, surpris resta muet et immobile.

L'ANGLAIS.—Pétite, tu étais oune malhonnête, tu volais mon turkey.» Bonard s'approcha de l'Anglais.