«Mon pauvre Monsieur, s'écria-t-elle, comme vous voilà fait! Entrez à la maison pour vous débarbouiller et nettoyer vos vêtements.»

L'Anglais la regarda un instant; la physionomie de Mme Bonard lui plut; il la salua avec grâce et politesse.

L'ANGLAIS.—Madme était bien bonne. Jé remercie bien Madme. J'étais un peu crotté. Jé n'osais salir lé parloir de Madme.

MADAME BONARD.—Entrez, entrez donc, mon bon Monsieur; ne vous gênez pas.

L'ANGLAIS, lui offrant le bras.—Si Madme voulait accepter lé bras.

MADAME BONARD, riant.—Merci, mon cher Monsieur, ce sera pour une autre fois; à présent, vous n'êtes pas en état de faire vos politesses.»

Mme Bonard se dépêcha de rentrer pour préparer de l'eau, du savon, un baquet et du linge. L'Anglais la suivit à pas comptés, mais auparavant il se retourna vers Julien et lui tendit la main en disant:

«Jé té pardonnais, Juliène; tu m'avais aidé, tu étais un good fellow

Il fit deux pas, se retourna et ajouta:

«Mais tu étais une pétite voleur si tu ne me rendais pas ma grosse turkey.»