Quand il entra dans la maison, Mme Bonard lui fit voir le baquet, le savon, le linge.

MADAME BONARD.—Voilà. Monsieur; voulez-vous que je vous aide?»

L'Anglais la regarda d'un air indigné.

L'ANGLAIS.—Oh! Madme! Fye! Une dame laver un Mossieur! Fye! shocking!

MADAME BONARD.—Ah bien! je n'y tiens pas! Arrangez-vous tout seul. Je reviendrai chercher vos habits pour les nettoyer un peu.»

Mme Bonard sortit, fermant la porte après elle, et rejoignit Bonard et Julien qui se lavaient à la pompe.

MADAME BONARD.—Qui est cet homme? A-t-il l'air drôle! Comment a-t-il fait pour rouler dans cette saleté?»

Bonard lui raconta ce qui s'était passé; ils en rirent tous deux, mais Mme Bonard voulut éclaircir l'affaire du dindon que réclamait l'Anglais.

«C'est tout clair, lui répondit Bonard; Alcide aura sauté sur la bête quand Julien ouvrait la barrière. C'est sans doute lui que j'ai aperçu courant à travers bois; il aura vendu la dinde à l'Anglais; celui-ci croit que c'est Julien qui avait chargé Alcide de la vente; cet imbécile, maladroit comme tout, aura laissé échapper la dinde qui est revenue à la ferme en courant: il l'a suivie, et, la voyant dans la cour, il a cru que Julien la lui volait. Avec ça qu'il ne comprend rien, pas moyen de s'expliquer avec lui.»

Mme Bonard voulut tout de même se faire raconter l'affaire par Julien, qui avait fini de se débarbouiller.