JULIEN, troublé.—Je ne savais pas, maîtresse. Je vous fais bien mes excuses, ainsi qu'à Mlle Caroline. Je craignais, ne la connaissant pas, qu'elle ne me volât une de vos dindes, comme l'avait fait Alcide.»
L'Anglais, voyant l'air confus de Julien, crut que Mme Bonard le grondait. Son rire cessa à l'instant; il se releva et dit:
«Vous, Madme Bonarde, pas gronder Juliène: Juliène il était une honnête pétite, une excellente pétite; il avait battu mon Caroline beaucoup fort; il avait poussé le money de Caroline; il avait voulu boxer Caroline; il avait battu moi. C'était très bien, parfaitement excellent. J'aimais beaucoup fort Juliène; jé voulais lé prendre avec les turkeys; Madme Bonarde, jé voulais emporter Juliène avec les turkeys. Il était un honnête garçone; j'aimais les honnêtes garçones. Good fellow, you, little dear, ajouta M. Georgey en passant la main sur la tête de Julien. Oh oui! good fellow, toi venir avec les turkeys chez moi, dans mes services? Oh yes! Disait vitement yes, pétite Juliène.
MADAME BONARD.—Mais, Monsieur, je ne veux pas du tout laisser venir Julien chez vous. Je veux le garder.
M. GEORGEY.—Oh! Madme Bonarde! Vous si aimable! Vous si excellent! J'aimais tant un honnête garçone!
MADAME BONARD.—Et moi aussi, Monsieur, j'aime les honnêtes garçons, et c'est pourquoi j'aime Julien et je le garde.
M. GEORGEY.—Ecoute, pétite Juliène, si toi venais chez moi, je donner beaucoup à toi. Tenez, pétite, voilà.»
M. Georgey tira sa bourse de sa poche.
M. GEORGEY.—Tu voyais! Il était pleine d'argent jaune. Moi té donner cinq jaunets. C'était bien beaucoup; c'était une grosse argent.»
Et il les mit de force dans la main de Julien. Mme Bonard poussa un cri; Julien lui dit: