«Madme Bonarde, dit-il en entrant, combien il reste de turkeys à vous?
MADAME BONARD.—Vous en avez mangé douze, Monsieur: il m'en reste trente-quatre.
M. GEORGEY.—Madme Bonarde, vous vouloir, s'il plaît à vous, les conserver pour moi?
MADAME BONARD.—Mais, Monsieur, je ne puis pas les garder si longtemps: leur nourriture coûterait trop cher.
M. GEORGEY.—Madme Bonarde, moi aimer énormément beaucoup le turkey; moi payer graine et tout pour leur graissement, et moi payer dix francs par chacune turkey.
MADAME BONARD.—Oh non! Monsieur, c'est trop. Du moment que vous payez la nourriture, six francs par bête, c'est largement payer.
M. GEORGEY.—Madme Bonarde, moi, pas aimer ce largement: moi aimer lé justice et moi vouloir forcément, absolument payer dix francs, Jé voulais. Vous savez, jé voulais.
MADAME BONARD.—Comme vous voudrez, Monsieur: je vous remercie bien, Monsieur: c'est un beau présent que vous me faites et que je ne mérite pas.
M. GEORGEY.—Vous méritez tout à fait bien. Vous très excellente pour ma pétite Juliène, et moi vous demander une grande chose par charité. Donnez-moi lé pétite Juliène. Jé vous démande très fort. Donnez-moi lé pétite Juliène.
MADAME BONARD.—Mais, Monsieur, je veux que mon Julien ne change pas sa religion: les Anglais ne sont pas de la religion catholique comme nous.