BONARD.—Il a sauté hors du sac. Comment y est-il entré? c'est ce que je demande à Frédéric.

FRÉDÉRIC.—Il y était sans doute avant qu'on ait mesuré le son.

BONARD.—C'est drôle tout de même! Comment s'y serait-il laissé enterrer sans essayer d'en sortir?»

Tout en parlant, Bonard mit les mains dans le sac pour en tirer du son. Il poussa une exclamation de surprise. Ce n'était pas du son, mais de l'orge qu'il retirait.

«Ah çà! Frédéric, dis donc, tu me rapportes de l'orge quand je demande du son.»

Frédéric, aussi étonné que son père, ne répondait pas; il regardait bouche béante.

BONARD.—Me répondras-tu, oui ou non? Tu me dis qu'il y a bonne mesure et tu fais mesurer de l'orge pour du son?»

Bonard était en colère: Julien, voulant éviter une semonce à Frédéric, répondit pour lui.

«Ce n'est pas la faute de Frédéric, m'sieur Bonard, c'est la mienne. Quand j'ai été au moulin, j'étais pressé; Frédéric m'avait dit de me bien dépêcher pour que vous trouviez le son en rentrant. Ils m'ont donné un sac préparé d'avance: il y en avait plusieurs; ils se seront trompés, ils m'ont donné de l'orge pour du son.

BONARD, à Frédéric.—Pourquoi as-tu envoyé Julien? Pourquoi n'y as-tu pas été toi-même? Pourquoi as-tu attendu jusqu'au soir?