M. GEORGEY.—Alors moi garder toi, pétite Juliène; nous mangerons un turkey auparavant lé foire.

JULIEN.—Je ne peux pas, Monsieur; il faut que je m'en aille.

M. GEORGEY.—Quoi c'est cet impatientement? Pourquoi il fallait partir toi seul?

JULIEN, avec hésitation.—Parce que Mme Bonard m'attend à la porte, Monsieur, et que...

M. GEORGEY.—Oh! my goodness! Madme Bonarde attendait et moi pas savoir! C'était beaucoup malhonnête, pétite Juliène.»

Et, avant que Julien eût pu l'en détourner, M. Georgey était descendu.

M. GEORGEY.—Oh! dear! Madme Bonarde! Moi étais fâché fort; vous rester devant mon porte et moi pas savoir. Oh! pétite Juliène, c'est très fort ridicoule! Moi faire excuses, pardon. Entrez, Madame Bonarde, s'il vous plaît.

MADAME BONARD.—Je ne peux pas. Monsieur, il faut que je mène Julien faire des emplettes et que nous soyons de retour à midi.

M. GEORGEY.—Et lé pétite nigaude Juliène disait pas à moi les emplettes. Il disait rien. Jé allais manger un pièce. Caroline. Caroline! vitement thé, crème, toast. Beaucoup toast, beaucoup tasses, beaucoup crème. Vitement, Caroline.»

Caroline se dépêcha si bien, qu'un quart d'heure après, le thé et les accompagnements du thé étaient apportés dans la salle. M. Georgey força Mme Bonard et Julien à se mettre à table et à manger. Comme ils n'avaient encore rien pris, ce petit repas improvisé fut avalé avec plaisir. M. Georgey mangea une douzaine de toasts, c'est-à-dire des tartines de pain et de beurre grillées; chacune d'elles était grande comme une assiette. Quatre de ces tartines eussent étouffé tout autre. Mais M. Georgey avait un estomac vigoureusement constitué; il n'éclata pas, il n'étouffa pas, et il se leva satisfait et pouvant sans inconvénient attendre l'heure du dîner. Un petit verre de malaga acheva de le réconforter; et, prenant son chapeau, il sortit avec Mme Bonard et Julien après avoir pris la précaution de glisser dans sa poche une poignée de pièces d'or.