La ville n'était pas loin; le temps était magnifique; ils arrivèrent au bout d'une demi-heure de marche. Pendant qu'ils achètent, que M. Georgey paye, qu'il fait d'autres emplettes pour son compte, châles, robes, fichus, bonnets, pour Mme Bonard, vêtements, chaussures, chapeau, etc., pour Julien, présents d'espèces différentes pour d'autres qu'il voulait récompenser des petits services qu'il en avait reçus, Frédéric et Alcide se rencontraient à la ferme.

XII

VOL AUDACIEUX

«Eh bien, dit Alcide en arrivant, sont-ils tous partis?

FRÉDÉRIC.—Tous partis jusqu'à midi: il est dix heures, nous avons deux heures devant nous.

ALCIDE.—C'est bon: on fait bien des choses en deux heures. Julien est à la foire avec ta mère, m'as-tu dit hier: l'Anglais les rejoindra, bien sûr, ou plutôt Julien l'aura pêché quelque part.

FRÉDÉRIC.—Et toute notre partie est manquée. Julien va empêcher l'Anglais de nous amuser, de payer pour nous. Ce sera assommant!

ALCIDE.—Laisse donc! Nous empaumerons Julien; il n'est pas si saint qu'il le paraît; trois ou quatre verres de vin et nous le tenons.

FRÉDÉRIC.—Mais, pour commencer, nous n'avons pas d'argent.

ALCIDE.—J'y ai pensé; il faut en faire. Il est possible que Julien prévienne l'Anglais et qu'il l'empêche de nous inviter à l'accompagner. Et moi qui pense à tout, j'ai pris mes précautions. Les dindes sont ici, n'est ce pas?