FRÉDÉRIC.—Mais oui, puisque l'Anglais veut les manger toutes; on les lui garde.

ALCIDE, riant.—Et ce sera toi qui les garderas; ce sera bien amusant.

FRÉDÉRIC.—Ne m'en parle pas; j'en suis en colère rien que d'y penser. Avec cela, mon père qui sera toujours sur mon dos.

ALCIDE.—Eh bien, je vais t'aider à diminuer leur nombre pour qu'elles soient plus tôt mangées; tu vas voir.

FRÉDÉRIC.—Tu ne vas pas en tuer, j'espère. Je ne veux pas de ça, moi.

ALCIDE.—Tu me prends donc pour un nigaud. Attends-moi un instant que j'aille chercher mon homme.

FRÉDÉRIC.—Quel homme? Je veux savoir; je veux...»

Alcide était bien loin, il avait couru à la barrière; deux minutes après, il rentrait avec un gros homme en sabots et en blouse.

«Tenez, Monsieur Grandon, voici les dindes; elles sont belles, bien engraissées, bonnes à manger, comme vous voyez. Choisissez-en deux, comme nous sommes convenus.»

L'homme examina les dindes.