INNOCENT.—Je crois bien! Ce n'est pas comme dans leurs vestes étriquées! On n'a pas ménagé l'étoffé dans les miens; on leur portera respect, je t'en réponds.
SIMPLICIE.—Et moi! Quand ces demoiselles me verront! Camille, Madeleine, Elisabeth, Valentine, Henriette et les autres? Elles n'ont rien d'aussi beau, bien certainement.
INNOCENT.—Elles vont crever de jalousie…
SIMPLICIE.—D'autant qu'on ne trouve plus d'étoffes pareilles, à ce que m'a dit maman.
INNOCENT.—Comme on nous traitera avec respect quand on nous verra si bien habillés!
SIMPLICIE.—Il ne faudra plus bouder, n'est-ce pas?
INNOCENT.—Non, non; il faut au contraire être gais et aimables.
Leur entretien fut interrompu par Prudence, qui venait chercher les habits neufs pour les emballer; Innocent et Simplicie se déshabillèrent avec regret et allèrent aider leur mère et leur bonne à tout préparer pour le départ, qui devait avoir lieu le surlendemain.