PRUDENCE.—Oui, Mam'selle.
Prudence courut chercher Coz, qui courut à son tour faire l'emplette demandée par Simplicie. Un quart d'heure après il rentra tout essoufflé, apportant une magnifique couronne de pivoines rouges.
SIMPLICIE.—Qu'est-ce que ces énormes fleurs? C'est beaucoup trop gros, trop grand.
PRUDENCE.—Le marchand a dit à Coz qu'on les portait comme ça, que c'était la grande mode.
SIMPLICIE.—Vraiment? Alors je les garde; attache cette couronne sur ma tête. Prudence.
PRUDENCE.—Oui, Mam'selle; je vais vous arranger cela sur votre natte; ce sera magnifique.
Prudence, ne sachant pas employer les épingles à cheveux, se mit à coudre la couronne sur la natte de Simplicie, que le désir d'être belle tenait immobile sur sa chaise. Quand Prudence eut fini son travail, elle regarda Simplicie avec admiration.
—Oh! Mam'selle que c'est joli! que c'est beau! Si Mam'selle voulait voir dans la glace? Ces pivoines sont presque aussi grosses que la tête de Mademoiselle! Et rouges, presque comme les joues de Mademoiselle.
Simplicie se leva, regarda avec complaisance, admira le tour de fleurs qui surmontait sa tête déjà trop grosse et acheva de s'habiller.
SIMPLICIE.—Et toi, Prudence, va changer de robe pour me faire honneur.