MADAME DE ROUBIER.—Bonjour, Mademoiselle. Vous me… Ah! mon Dieu! quelle plaisanterie! Claire, pourquoi as-tu déguisé si ridiculement cette pauvre fille?

CLAIRE.—Ce n'est pas moi, maman, elle vient d'arriver.

MADAME DE ROUBIER.—Ha! ha! ha! Mais regardez donc cette toilette! Quelle idée bizarre! Ma pauvre Simplicie, à Paris il n'est pas d'usage de se déguiser autrement qu'aux jours gras, et nous en sommes encore loin. Ôtez tout cela, et gardez les vêtements que vous avez sous cette robe de grand'mère qui ne vous va pas du tout.

SIMPLICIE.—Mais, Madame…

MADAME DE ROUBIER.—Claire, explique-lui que c'est ridicule.

CLAIRE, riant.—Mais, maman…

MADAME DE ROUBIER.—Allez donc, Simplicie, vous voyez bien que tout le monde rit de votre déguisement.

Simplicie rougit et parut agitée; elle venait de comprendre le ridicule de sa mise.

MADAME DE ROUBIER.—Eh bien, qu'avez-vous, ma pauvre enfant? Êtes-vous souffrante?

Simplicie ne répondit pas; elle quitta le salon et rentra dans celui où étaient les enfants; elle les trouva riant tous aux éclats; le rire gagna Claire, malgré ses efforts pour garder son sérieux; Marguerite et Sophie chuchotaient et riaient à se tordre. Simplicie, honteuse, désolée, restait debout, tête baissée, plus ridicule encore par le contraste de ses pivoines énormes et de sa robe arc-en-ciel, avec sa mine piteuse et ses yeux larmoyants.