Coz, content du changement d'humeur de Mme Bonbeck courut frapper à la porte de Prudence et de Simplicie; personne ne répondit. Il frappa encore; même silence.

—Mam'selle! Madame Prude! Mâme Bonbeck vous demander; venir au salon tout de suite.

Le silence continua. Coz frappa plus fort, appela, supplia d'ouvrir; on continua à ne pas répondre.

—Mam'selle et Mme Prude pas répondre, vint dire Coz, consterné, à Mme
Bonbeck, dont il redoutait la colère.

—Elles sont furieuses, dit Mme Bonbeck, jugeant les autres d'après elle-même. Demain elles seront calmées et je leur demanderai pardon, car je dois avouer que je les ai menées un peu rudement. Bonsoir mon ami; il est près de onze heures; allez vous coucher; je vais en faire autant.

Coz salua, sortit, et alla rejoindre son ami Boginski, qui attendait avec inquiétude le résultat des reproches hardis de son ami. Quand il sut le retour de Mme Bonbeck et le succès évident de Coz, il fut content et dit, en se frottant les mains:

—Bon ça! Mâme Bonbeck colère, furieuse, mais pas méchant. Mais dis pas trop: c'est mal; c'est pas bon. Pas fâcher Mâme Bonbeck; elle bonne pour nous, donner chambre, donner chemises, habits, donner pain, viande, vin. Nous pauvres; nous heureux chez Bonbeck; nous rester toujours; nous égal les autres. Entends-tu, Coz! Toi pas recommencera dire: «Méchant, pas bon.»

COZ.—Moi recommencer toujours quand Bonbeck battre fille petite, femme excellent. Moi pas aimer lâche, pas aimer colère.

BOGINSKI.—Et si Bonbeck se fâche et chasse nous?

COZ.—Moi alors partir et aller chez Prude et Simplette; elle a papa, maman, bons; moi là-bas travailler, servir; moi pas aimer à faire musique; moi aimer courir, travailler à terre, à chose qui fait remuer.