—Coz ne dit rien et s'appuya, les bras croisés, contre le mur. Prudence lui fit signe d'y rester et entra dans l'hôtel avec Simplicie. La porte était ouverte, elles se dirigèrent vers la chambre de Claire et de Marthe et entrèrent sans frapper. Claire se coiffait Marthe s'habillait. Mme de Roubier était chez ses filles. Toutes trois poussèrent une exclamation de surprise.
MADAME DE ROUBIER.—Qu'est-ce que c'est? Que vous est-il arrivé? Pourquoi Simplicie a-t-elle le visage enflé et rouge? Pourquoi venez-vous de si bonne heure?
SIMPLICIE.—C'est ma tante qui m'a battue hier soir quand je suis rentrée; elle a battu aussi Prudence; je ne veux plus rester chez elle, elle est trop méchante, elle me rend trop malheureuse.
MADAME DE ROUBIER.—Mais pourquoi, ma pauvre enfant, au lieu de venir ici, ne retournez-vous pas à Gargilier chez vos parents?
Simplicie embarrassée ne répondit pas; Prudence prit la parole.
Mam'selle ne peut pas y retourner sans la permission de Monsieur et de Madame, parce que, voyez-vous Madame ils sont en colère contre Mam'selle et son frère, qui ont tant pleuré, tant tourmenté Monsieur et Madame pour venir à Paris, que la moutarde a monté au nez de Monsieur; il m'a appelé et m'a dit:
—Prudence, tu as vu naître mes enfants, tu leur es dévouée; veux-tu les suivre à Paris?
—-Oh! Monsieur, que je lui dis, j'irai partout ou Monsieur voudra avec lui et Madame, je ne crains pas Paris.
—C'est sans nous qu'il faut y aller, ma pauvre Prudence, qu'il me dit: tu les mèneras seule à Paris.
—Helas! Monsieur, que je lui réponds, j'aurais trop peur qu'il n'arrivât malheur à mes jeunes maîtres; moi qui ne connais rien dans cette grande caverne, je risquerais de m'y perdre.