Boginski entra, aperçut Simplicie blotti dans un coin; elle joignait les mains d'un air suppliant pour qu'il ne la dénonçât pas, Boginski, qui était bon garçon et qui, savait combien elle serait malheureuse si sa tante la reprenait, fit un petit signe rassurant à Simplicie, eut l'air de chercher partout, remua les marmites, les casseroles; il mit une marmite sur la tête de Simplicie, un balai devant ses jambes, il accrocha un torchon à la marmite.

—Rien, dit-il, personne; c'est étonnant!

Et il sortit du lavoir. Mme Bonbeck le regarda et, le menaçant du doigt:

—Je crois que tu me trompes, mon garçon; laisse-moi y aller voir moi-même.

Elle entra, regarda partout ne vit rien, sortit et allait partir, quand un bruit retentissant la fit rentrer dans le cabinet, ou elle aperçut par terre Simplicie, que la peur et l'émotion veinaient de faire tomber en faiblesse; la marmite avait dégringolé, le balai avait roulé, et Simplicie apparut aux yeux courroucés de sa tante.

—Je suis donc un diable, un Satan! Est-ce ainsi qu'on se comporte envers sa tante? Allons, sors de là, je te pardonne; mets ton chapeau et viens avec moi.

—Non, non, je ne veux pas, Boginski, pour l'amour de Dieu, sauvez-moi, ne me laissez pas emmener! gardez-moi jusqu'à l'arrivée de Prudence et de Coz, qui sont allés chercher Innocent.

Mme Bonbeck s'élança vers sa nièce pour la saisir et l'emmener de force; mais, Boginski se plaça devant Simplicie.

—Non; non, Mâme Bonbeck, moi pas laisser prendre par force pauvre enfant. Pas bien, ça, pas bien.

—Drôle, cria Mme Bonbeck, misérable ingrat!