—Du tout, du tout! Je connais ces rubriques! On se fait voiturer, puis on s'arrange pour disparaître sans payer.

—Malheureux! tu vas me faire perdre ma nièce? la voilà qui tourne sur le boulevard?

—Eh bien! il n'y a pas de mal; elle n'avait pas déjà l'air si joyeux quand vous l'avez jetée dans ma voiture comme un paquet de linge sale.

—Misérable! je te dis…

—Il n'y a pas d'injures qui tiennent! Vous avez la langue bien pendue, mais je n'écoute pas tout ça, moi. Il me faut mes deux francs pour l'heure, et je ne vous lâche pas que vous ne me les ayez versés dans la main que voici.

Et le cocher, maintenant fortement le bras de Mme Bonbeck, lui présentait la main restée libre.

Mme Bonbeck jura, tapa des pieds, mais paya. Il était trop tard pour courir après Simplicie; elle rentra de fort mauvaise humeur, s'en prenant à tout le monde de sa mésaventure, et se promettant de faire repentir Boginski de la part qu'il y avait prise.

XXIV

RETOUR DE PRUDENCE ET DE COZ

Pendant que Simplicie se trouvait au pouvoir de Mme Bonbeck, Coz et Prudence, informés par Boginski de ce qui s'était passé, employaient leurs efforts réunis pour briser la porte on faire sauter la serrure afin de délivrer Simplicie, dont ils avaient entendu le cri de détresse. Prudence courut chercher du renfort; elle ne trouva que le concierge, qui monta précipitamment avec une seconde clef de l'appartement. La clef tourna, mais le verrou était mis; comment l'ouvrir? Coz, désespéré, donna un si vigoureux coup d'épaule que la porte tomba: toute la ferrure s'était brisée; ils se précipitèrent dans l'appartement, personne; ils ouvrirent la porte de la chambre à coucher personne encore; mais la porte du perron, restée ouverte, leur apprit l'enlèvement de la malheureuse Simplifie.