SIMPLICIE.—Mon Dieu! mon Dieu! quelle terrible visite! C'est heureusement notre dernière corvée à Paris.

Prudence, aidée de Coz et des enfants emballa tous leurs effets; ceux de Coz ne prirent pas beaucoup de place, il n'avait emporté de chez Mme Bonbeck qu'un peu de linge qu'il avait acheté avec les trente sous qui lui donnait chaque jour le gouvernement, et une paire de chaussures; du reste, il ne possédait que les habits dont il était vêtu.

Après le déjeuner de midi. Prudence mena les enfanta chez Mme de Roubier, qui leur dit des choses fort aimables, et approuva beaucoup le changement qui s'était opéré en eux.

—Je vous assure, Simplicie, dit-elle, que je ne vous ferais plus aujourd'hui les reproches que je vous ai adressés il y a quinze jours; vous vous êtes corrigée de vos défauts, et je suis sûre que lorsque nous vous reverrons à la campagne l'année prochaine, vous serez aussi gentille, simple et bonne et aimable que vous l'étiez peu jadis. Il en est de même pour Innocent: ses malheurs au pensionnat ont servi à l'améliorer sensiblement. Adieu donc, mes enfants, au revoir à la campagne. Adieu, Prudence; vous n'avez rien à gagner, vous; vous êtes aussi bonne et aussi dévouée qu'il est possible de l'être.

—Madame est mille fois trop bonne, répondit Prudence, en faisant une profonde révérence, et très flattée des éloges adressés par Mme de Roubier à ses jeûnes maîtres et à elle-même.

—Moi saluer bonne Madame, remercier bonne Madame, dit Coz, qui était entré inaperçu.

Mme de Roubier sourit et tendit la main à ce brave garçon, dont elle avait entendu faire un grand éloge par les domestiques. Coz, enchantée crut bien faire de serrer la main qu'elle lui présentait, et avec une telle force de reconnaissance, que Mme de Roubier poussa un cri, et, secouant sa main:

—Quelle vigueur de poignet, mon brave garçon! dit-elle en riant. Un peu plus, vous me broyiez les os.

Prudence fit signe à Coz de s'éloigner, ce qu'il fit avec une promptitude qui témoignait de son obéissance aux ordres de Prudence.

Après la visite à Mme et à Mlles de Roubier, Prudence et Coz menèrent les enfants chez Mme Bonbeck, qu'ils trouvèrent fort mécontente de la fuite de Simplicie et de la lettre qu'elle venait de recevoir de son frère. Elle reçut les enfants en colère, moitié riant; elle dit à Coz qu'il était un ingrat de l'avoir quittée.