Et en disant ces mots, Coz riait, tournait comme un toton, étouffait Prudence, secouait les bras de Simplicie, écrasait les mains d'Innocent; il était fou de joie; il demandait à partir tout de suite, de peur qu'on ne changeât d'avis. Prudence eut quelque peine à lui faire comprendre qu'il fallait attendre au lendemain.
—Il nous faut le temps de faire nos paquets, dit-elle.
—Moi faire tout en une heure, répondit Coz.
PRUDENCE.—Il faut faire nos adieux à Mme de Roubier, la remercier de ses bontés.
COZ.—Cela pas long; moi dire pour vous.
PRUDENCE.—Non, ce ne serait pas poli; nous devons aller nous-mêmes et à une heure convenable de l'après-midi. Et puis, il faut que nous menions les enfants dire adieu à leur tante.
—Ah! s'écrièrent les enfants avec effroi, je ne veux pas y aller! j'ai trop peur.
PRUDENCE.—Avec moi et Coz, il n y aura aucun danger.
SIMPLICIE.—Mais si elle m'enferme comme l'autre jour?
PRUDENCE.—Elle ne le peut plus, maintenant que votre papa vous redemande et qu'il le lui a écrit.