Prudence et les enfants n'avaient pas perdu une si belle occasion pour crier et appeler au secours.
—Vous pas crier, disait Coz; chevaux s'effrayer, courir plus vite.
Quand les chevaux ralentirent leur marche, les cris cessèrent de se faire entendre. Coz se retourna,
—Vous voyez, pas danger; Coz sait conduire chevaux; cocher pas bien tenir; laisser aller trop fort mauvais; chevaux toujours faut tenir.
Il voulut rendre Les rênes au cocher mais celui-ci refusa
—Je n'aime pas ces chevaux, dit-il, ils sont trop vifs, ils courent trop fort. Monsieur vient de les acheter; il fera bien de les revendre.
—Non, pas revendre; chevaux bons, pieds bons; trop bon, tout bon.
—Alors Monsieur prendra un cocher plus habile que moi, car je ne me charge pas de mener ces bêtes, qui s'emportent pour un rien.
—Moi mener; pas s'emporter avec Coz; moi tenir eux.
On arriva au petit castel de Gargilier. Innocent et Simplicie se précipitèrent dans les bras de leur père, qui les attendait au bas du perron. «Pardon, papa, pardon! disaient-ils tous deux. Que vous êtes bon de nous avoir pardonnés, de nous avoir laissés revenir!»