BOGINSKI.—Monsieur, moi désire ne jamais vous quitter; moi suis très heureux ici. Chez Mme Bonbeck, c'est terrible; moi, j'ai été malade de tristesse et fatigue; si j'y retourne, serai encore malade; la vie est si terrible chez elle; toujours musique ou colère!

MONSIEUR GARGILIER.—Comme cela, mon ami, vous seriez bien aise de rester chez moi, près de mes enfants?

BOGINSKI.—Pas aise, mais heureux, heureux! Oh! Monsieur, si vous garder moi, pauvre Polonais, jamais je n'oublierai; serai toujours reconnaissant. J'apprendrai français bien; je parle déjà mieux; dans un an ce sera bien tout à fait.

MONSIEUR GARGILIER.—Alors, mon cher, c'est une affaire décidée. Vous me convenez beaucoup; vous êtes un brave garçon, dévoué, reconnaissant, sage et religieux. Je n'ai pas besoin d'un savant près de mon fils; vous en savez autant qu'il lui en faut, et je vous charge d'Innocent, que vous ne quitterez plus.

La vie des habitants de Gargilier s'écoula heureuse et paisible; Innocent devint un charmant garçon, instruit et bien élevé, grâce aux soins de Boginski. Simplicie grandit, embellit et fut une agréable et aimable personne.