SIMPLICIE.—Je veux qu'on sorte mes robes.

INNOCENT.—Non, on ne les sortira pas.

SIMPLICIE.—Je te dis que si; je les sortirai moi-même.

Simplicie voulut tirer ses robes hors de la malle; Innocent se jeta dessus et la repoussa. La lutte continua quelque temps assez silencieuse, mais petit à petit s'anima; des paroles on en vint aux tapes, et les enfants se querellaient avec acharnement, malgré les remontrances de la bonne, quand la tante Bonbeck entra pour connaître la cause des cris et du bruit qui troublaient sa musique.

«Diables d'enfants! allez-vous finir! A-t-on jamais vu des enragés pareils! Faut-il que je prenne mon fouet pour vous séparer comme l'amour des chiens et l'amour des chats?»

La menace fit son effet. Innocent lâcha Simplicie, qu'il tenait par ses jupes d'une main, pendant qu'H tapait de l'autre, et Simplicie abaissa ses pieds qui battaient le tambour sur les jambes et les reins d'Innocent. La tante les fit approcher, les gratifia chacun d'une paire de claques, et retourna à son violon.

Prudence resta ébahie de voir ainsi traiter ses jeunes maîtres; Innocent et Simplicie, se frottaient les joues en pleurnichant tout bas.

—Tu vois comme elle est méchante, dit Simplicie à voix basse.

INNOCENT.—Elle tape joliment fort; sa main est sèche et dure comme du fer.

SIMPLICIE.—J'écrirai à maman que je ne veux pas rester chez elle.