LE MAÎTRE D'ÉTUDE.—Quel délégué? Délégué de qui?
INNOCENT.—Délégué du maître.
LE MAÎTRE D'ÉTUDE—Ah ça! Messieurs, quelle sotte farce avez-vous jouée là? Lequel de vous a osé prendre le titre de délégué de M. le chef de pension?
Silence général. Personne ne bougea.
LE MAÎTRE D'ÉTUDE, à Innocent.—Jeune homme, indiquez-moi celui de ces messieurs qui s'est dit délégué de M. le chef du pensionnat.
Innocent regarda autour de lui: le coupable avait disparu. Innocent ne répondit pas.
LE MAÎTRE D'ÉTUDE.—C'est bien, Messieurs; nous verrons cela plus tard.
Il alla ouvrir la porte de la petite cour et en fit sortir, avec force excuses. Prudence, Simplicie et le Polonais, assez étonnés de leur longue attente et du lieu où on les faisait attendre. Le maître d'étude salua, s'excusa et proposa à Prudence de la mener à M. le chef de pension, ce que Prudence accepta avec un plaisir évident. Après quelques minutes passées dans une salle du parloir, le maître de pension entra, salua, se nomma, reçut la lettre que lui présentait Prudence, la lut et souriant, examina du regard Innocent, qui les avait rejoints quand ils avaient traversé la cour de récréation et il demanda s'il était prêt à entrer en pension.
INNOCENT.—Oui, Monsieur, tout prêt, quand vous voudrez.
LE CHEF DE PENSION.—Eh bien, mon ami, puisque vous y voilà, pourquoi n'y resteriez-vous pas? Monsieur votre père me demande de vous recevoir le plus tôt possible.