INNOCENT.—Je n'ai pas mes uniformes, Monsieur, ni mon linge; ils sont restés à la maison.

LE CHEF DE PENSION.—On pourra vous les envoyer.

INNOCENT.—Je veux bien. Monsieur. Prudence, envoie-moi mes effets ce soir, tout de suite en rentrant.

PRUDENCE.—Mais Je n'ai personne à envoyer, Monsieur Innocent.

INNOCENT.—Et les Polonais, donc! Monsieur Coz, vous voudrez bien m'apporter un paquet, n'est-ce pas?

COZRGBRLEWSKI.—Moi porter tout; moi porter beaucoup plus après
Ostrolenka: selle, bagage, manger, tout.

LE CHEF DE PENSION.—Eh bien, voilà l'affaire arrangée, mon ami. Votre père me donne les renseignements nécessaires sur vous, ainsi que sur son banquier pour l'argent à toucher. Et vous voilà reçu.

INNOCENT.—Monsieur, je vous prie de défendre à mes camarades de me tourmenter; ils m'ont tiraillé, jeté par terre; ils ont presque déchiré ma redingote.

CHEF DE PENSION.—Je ferai les recommandations nécessaires, mon ami; faites vos adieux à votre famille. Je vais vous présenter à vos maîtres et à vos camarades.

Innocent embrassa Prudence et Simplicie sans témoigner le moindre chagrin de la séparation, et suivit le maître avec une satisfaction visible.