—C'est bon, c'est bon, tu t'excuseras plus tard. Vite, viens prendre le café; les Polonais ont les dents longues, prends garde qu'ils ne t'avalent.
Mme Bonbeck, satisfaite de sa plaisanterie, partit en riant, suivie de Simplicie. Les Polonais saluèrent; on se mit à table, et ils mangèrent, comme d'habitude, tout ce qu'on leur servit.
Mme Bonbeck donna ensuite à Cozrgbrlewski de la musique à graver; elle lui apporta les outils nécessaires et l'établit à son travail jusqu'au second déjeuner. Boginski fut employé à ranger la musique, à accorder le piano et à nettoyer les violons et flûtes, Simplicie s'ennuya, bâilla, fut grondée, et se retira dans sa chambre pour écrire à sa mère.
VIII
PREMIÈRE VISITE
Après déjeuner, Simplicie, voyant que sa tante s'apprêtait à reprendre son violon, lui demanda la permission d'aller voir ses amies avec sa bonne.
—Tes amies! Quelles amies as-tu ici?
—Mlles de Roubier, et bien d'autres que je vois à la campagne.
—Va, va, ma fille, fais ce que tu voudras; je ne suis pas un tyran, moi; j'aime la liberté. Boginski, nous allons faire de la musique pendant une heure ou deux. Vous, Coz, vous allez accompagner Simplicie avec Prude, et vous prendrez garde à ne pas laisser recommencer les sottises d'hier.
—Madame Bonbeck, c'est pas ma faute à moi; c'est robe drôle et manières et tout; messieurs regarder, rire, gamins moquer et courir, Mam'selle Simplette doit pas mettre robe comme hier.