—Ah! c'est pour ça. Attendez, j'y vais, moi, et je vais la faire habiller comme il faut.
Mme Bonbeck se dirigea comme une flèche vers la chambre où Simplicie achevait de boutonner sa robe de satin marron.
MADAME BONBECK.—Qu'est-ce que c'est que cette toilette, Mademoiselle? Etes-vous folle? Allez-vous vous faire suivre et huer, comme hier, par tous les polissons des rues? Ôtez-moi cela! Prude, enlève cela et habille-la devant moi.
SIMPLICIE.—Mais, ma tante.
MADAME BONBECK.—Il n'y a pas de mais, tu vas défaire cette robe et en mettre une autre tout de suite, devant moi.
PRUDENCE.—Mam'selle n'a pas de robe plus simple, Madame; c'est sa moins belle.
MADAME BONBECK.—Comment diable t'a-t-on nippée? Ça a-t-il du bon sens! Mets ta robe de voyage, si tu n'en as pas d'autre. Prude a de l'argent! demain elle t'en achètera une avec Croquemitaine; mais Je ne veux pas que tu sortes parée comme une châsse.
SIMPLICIE.—Ma tante, tout le monde s'habille comme cela.
MADAME BONBECK.—Personne, petite sotte, personne. Vas-tu m'en remontrer à moi qui habite Paris depuis cinquante ans, sans en bouger?
SIMPLICIE.—Je vous en prie, ma tante,, laissez-moi mettre ma robe aujourd'hui seulement, pour aller chez mes amies.