MADAME BONBECK.—Pour te faire insulter comme hier! Non, non, cent fois non!
SIMPLICIE.—J'irai en voiture, ma tante; il n'y aura pas de danger puisqu'on ne me verra pas.
MADAME BONBECK.—En voiture, vas-y si tu veux; sois ridicule, fais-toi moquer dans les salons, si cela te fait plaisir; mais ne circule pas dans les rues, entends-tu bien?
SIMPLICIE.—Non, ma tante, je ne marcherai pas, bien sûr.
MADAME BONBECK.—Ha! ha! ha! quelle figure tu as! C'est à rire, en vérité. Ma soeur a perdu la cervelle pour t'avoir affublée de ces vieux oripeaux.
Simplicie était fort choquée de voir sa tante rire de ce qu'elle croyait si beau et si enviable; mais elle n'osa pas le témoigner et acheva de s'habiller pendant que Mme Bonbeck appelait Coz pour aller chercher un fiacre.
—Allez vite, mon ami Coz, courez, chercher fin petit fiacre pour Simplette et Prude; vous les accompagnerez, car elles n'y entendent rien; on les mènerait aux abattoirs ou au Jardin Turc sans qu'elles pussent s'expliquer.
Coz expédiait vite les commissions: il fut bientôt de retour; Simplicie était prête, Prudence attendait: elles montèrent dans le fiacre, Coz s'assit à côté du cocher, Prudence donna l'adresse de Mlles de Roubier, et la voiture roula dans les beaux quartiers de Paris, les boulevards, la place de la Concorde et le faubourg Saint-Germain; Clara et Marthe demeuraient dans la rue de Grenelle. Le fiacre s'arrêta à la porte du 91. Coz descendit, ouvrit la portière et fit descendre Prudence et Simplicie. Il les mena chez le concierge, où elles demandèrent Mlles de Roubier. «Au premier, en face», répondit le concierge. Elles allaient monter suivies de Coz, quand le cocher de fiacre courut après eux:
—Hé! bourgeois dites donc, et ma course?
COZRGBRLEWSKI:—On payera quand seront revenues les dames.