INNOCENT.—Ils m'ont pressé, j'ai manqué étouffer je suis tombé sans connaissance; Paul, Louis et Jacques m'ont délivré.

PRUDENCE.—Mais c'est abominable! et pourquoi? et qui?

Innocent, enchanté d'exciter la compassion, raconta longuement la poussée dont il avait été victime et le renvoi des trois élèves qui avaient excité les autres et qui avaient dirigé la presse. Simplicie admirait plus le courage des défenseurs d'Innocent qu'elle ne, plaignait son frère. Quand il eut fini son récit. Prudence pleurait à chaudes larmes. Cozrgbrlewski regardait le plafond d'un air féroce, serrait les poings et répétait:

—Si moi là, moi aurais tué tous, comme à Ostrolenka. Brigands, scélérats, bêtes brutes!

Simplicie restait impassible et disait de temps en temps: «Voilà ce que c'est!… C'est bien ta faute! Tu as voulu être en pension!… et voilà ce que tu as gagné à ton pensionnat.»

INNOCENT.—Tais-toi donc, tu m'ennuies! Est-ce que je savais que ces garçons étaient si méchants!

PRUDENCE.—Qu'allez-vous devenir, mon pauvre Monsieur Innocent, avec ces mauvais garnements? Ils vont vous mettre en pièces.

INNOCENT.—Le maître a chassé les trois plus méchants; les autres n'oseront pas; et puis j'ai des amis qui me défendront contre les grands.

COZRGBRLEWSKI.—C'est grand qui a fait cela.

INNOCENT.—Oui, c'est la grande classe.