COZRGBRLEWSKI—Moi pas grossier, Mam'selle, mais moi juste, punir lâches, grands comme petits.

SIMPLICIE,—Mais ils sont punis, puisqu'ils ne sortent pas aujourd'hui dimanche.

COZRGBRLEWSKI.—Pas assez cela. Mam'selle, pas assez: moi donner coups, c'est mieux.

—Ce Polonais est insupportable, marmotta Simplicie en haussant les. épaules.

—Est-ce que vous n'allez pas venir avec nous, Monsieur Innocent? dit Prudence après une demi-heure de conversation. On sort le dimanche. Vous dînerez, et le soir Coz vous ramènera.

INNOCENT.—Je ne demande pas mieux, je serai enchanté; mais il faut une permission.

PRUDENCE.—Et comment faire?

INNOCENT.—Je vais aller, la demander au maître. Attendez-moi, je vais revenir.

Innocent se leva, ouvrit la porte, poussa un cri et rentra d'un bond dans le parloir. Coz, Prudence et Simplicie répétèrent ce cri, Innocent était noir comme un nègre; sa tête, son visage, ses habits, ses mains étaient couverts d'un enduit noir et gluant. Ils continuèrent tous quatre à crier pendant que la porte, restée ouverte, laissait voir des têtes d'élèves qui apparaissaient et se retiraient aussitôt; les éclats de rire de la cour répondaient aux cris de détresse du parloir. Le portier arriva enfin, vit Innocent, devina le tour, et sortit précipitamment pour aller chercher les maîtres. Ils ne tardèrent pas à accourir et témoignèrent leur colère en voyant cette nouvelle méchanceté des élèves. Les deux grands que Coz avait si bien rossés avaient pris conseil de leurs camarades et avaient décidé que Coz ou Innocent recevrait le grand baptême; ils étaient allés accrocher un pot de cirage à une ficelle au-dessus de la porte, de façon que la porte, en s'ouvrant, devait faire basculer le pot et le vider sur la personne qui sortirait la première. Ils étaient bien sûrs que ce serait Innocent ou un des siens, puisqu'il n'y avait qu'eux au parloir, et ils se vengeraient ainsi de la volée de coups que Coz leur avait donnée.

Les maîtres emmenèrent Innocent dans la cuisine, où on le savonna à l'eau chaude des pieds à la tête. Prudence avait voulu le suivre et donner ses soins à son jeune, maître. Simplicie et Coz étaient restés au parloir, Simplicie grondant Coz et lut reprochant d'avoir excité la colère des élèves en les injuriant et en les battant sans aucun motif. Coz ne disait rien et supportait avec une patience imperturbable les accusations malveillantes de Simplicie.