PAUL.—Hélas! Sophie, pourquoi es-tu désobéissante? Si tu écoutais ma tante, tu serais moins souvent punie et grondée.

SOPHIE.—Je tâcherai de me corriger; je t'assure que je tâcherai. C'est que c'est si ennuyeux d'obéir!

PAUL.—C'est bien plus ennuyeux d'être puni. Et puis, j'ai remarqué que les choses qu'on nous défend sont dangereuses; quand nous les faisons, il nous arrive toujours quelque malheur, et, après, nous avons peur de voir ma tante et maman.

SOPHIE.—C'est vrai! Ah! mon Dieu! Voilà maman qui arrive! Entends-tu la voiture? Courons vite, pour rentrer avant qu'elle ne nous voie.

Mais ils eurent beau courir, la voiture marchait plus vite qu'eux; elle arrêtait devant le perron au moment où les enfants y arrivaient.

Mme de Réan et Mme d'Aubert virent tout de suite les écorchures du visage et des mains.

«Allons! Voilà encore des accidents! s'écria Mme de Réan. Que vous est-il arrivé?»

SOPHIE.—Maman, c'est l'âne.

MADAME DE RÉAN.—J'en étais sûre d'avance; aussi ai-je été inquiète tout le temps de ma visite. Mais cet âne est donc enragé? Qu'a-t-il fait pour que vous soyez écorchés ainsi?

SOPHIE.—Il nous a versés, maman, et je crois que la voiture est un peu cassée, car il a continué à courir après qu'elle a été renversée.