MADAME D'AUBERT.—Je suis sûre que vous avez eu encore quelque invention qui aura taquiné ce pauvre âne!
Sophie baisse la tête et ne répond pas. Paul rougit et ne dit rien.
«Sophie, dit Mme de Réan, je vois à vos mines que ta tante a deviné. Dis la vérité, et raconte-nous ce qui est arrivé.»
Sophie hésita un instant; mais elle se décida à dire la vérité, et elle la raconta tout entière à sa maman et à sa tante.
«Mes chers enfants, dit Mme de Réan, depuis que vous avez cet âne, il vous arrive sans cesse des malheurs, et Sophie a continuellement des idées qui n'ont pas le sens commun. Je vais donc faire vendre ce malheureux animal, cause de tant de sottises.»
SOPHIE _et _PAUL, _ensemble.—_Oh! maman, oh! ma tante, je vous en prie, ne le vendez pas. Jamais nous ne recommencerons, jamais.
MADAME DE RÉAN.—Vous ne recommencerez pas la même sottise; mais Sophie en inventera d'autres, peut-être plus dangereuses que les premières.
SOPHIE.—Non, maman, je vous assure que je ne ferai que ce que vous me permettrez; je serai obéissante, je vous le promets.
MADAME DE RÉAN.—Je veux bien attendre quelques jours encore; mais je vous préviens qu'à la première idée de Sophie vous n'aurez plus d'âne.
Les enfants remercièrent Mme de Réan, qui leur demanda où était l'âne. Ils se rappelèrent alors qu'il avait continué à courir, traînant après lui la voiture renversée.