À peine a-t-elle mis les pieds dans le salon, que tout le monde la regarde et éclate de rire.
«Quelle figure! dit M. de Réan.
Elle a coupé ses sourcils, dit Mme de Réan.
Qu'elle est drôle! qu'elle est drôle! dit Paul.
C'est étonnant comme ses sourcils coupés la changent, dit
M. d'Aubert, le papa de Paul.
Je n'ai jamais vu une plus singulière figure», dit Mme d'Aubert.
Sophie restait les bras pendants, la tête baissée, ne sachant où se cacher. Aussi fut-elle presque contente quand sa maman lui dit:
«Allez-vous-en dans votre chambre, mademoiselle, vous ne faites que des sottises. Sortez, et que je ne vous voie plus de la soirée.»
Sophie s'en alla; sa bonne se mit à rire à son tour quand elle vit cette grosse figure toute rouge et sans sourcils. Sophie eut beau se fâcher, toutes les personnes qui la voyaient riaient aux éclats et lui conseillaient de dessiner avec du charbon la place de ses sourcils. Un jour Paul lui apporta un tout petit paquet bien ficelé, bien cacheté.
«Voici, Sophie, un présent que t'envoie papa, dit Paul d'un petit air malicieux.