SOPHIE.—Elle le voudra; nous le lui demanderons tant et tant, tous les deux, qu'elle consentira.

Les deux enfants coururent à la maison; Paul se chargea d'expliquer l'affaire à Mme de Réan, qui refusa d'abord, mais qui finit par consentir en disant à Sophie:

«Je te préviens que ton écureuil t'ennuiera bientôt: il grimpera partout; il rongera tes livres, tes joujoux; il sentira mauvais, il sera insupportable.»

SOPHIE.—Oh non! maman; je vous promets de le si bien garder, qu'il ne gâtera rien.

MADAME DE RÉAN.—Je ne veux pas de ton écureuil au salon ni dans ma chambre, d'abord; tu le garderas toujours dans la tienne.

SOPHIE.—Oui, maman, il restera chez moi, excepté quand je le mènerai promener.

Sophie et Paul coururent tout joyeux chercher une cage; ils en trouvèrent une au grenier, qui avait servi jadis à un écureuil. Ils l'emportèrent, la nettoyèrent avec l'aide de la bonne, et mirent dedans des amandes fraîches, des noix et des noisettes.

SOPHIE.—À présent, allons vite porter la cage sous le chêne.
Pourvu que l'écureuil y soit encore!

PAUL.—Attends que j'attache une ficelle à la porte. Il faut que je la passe dans les barreaux, pour que la porte se ferme quand je tirerai.

SOPHIE.—J'ai peur que l'écureuil ne soit parti.