Sophie lui raconta alors son rêve, et comment sa maman le lui avait expliqué. Depuis ce jour Paul et Sophie parlèrent souvent de ce rêve, qui les aida à être obéissants et bons.
XVII—Le chat et le bouvreuil.
Sophie et Paul se promenaient un jour avec leur bonne; ils revenaient de chez une pauvre femme à laquelle ils avaient été porter de l'argent. Ils revenaient tout doucement; tantôt ils cherchaient à grimper à un arbre, tantôt ils passaient au travers des haies et se cachaient dans les buissons. Sophie était cachée et Paul la cherchait, lorsqu'elle entendit un tout petit miaou bien faible, bien plaintif. Sophie eut peur; elle sortit de sa cachette.
«Paul, dit-elle, appelons ma bonne; j'ai entendu un petit cri, comme un chat qui miaule, tout près de moi, dans le buisson.»
PAUL.—Pourquoi faut-il appeler ta bonne pour cela? Allons voir nous-mêmes ce que c'est.
SOPHIE.—Oh non! j'ai peur.
PAUL, riant. —Peur! et de quoi? Tu dis toi-même que c'était un petit cri. Ce n'est donc pas une grosse bête.
SOPHIE.—Je ne sais pas; c'est peut-être un serpent, un jeune loup.
PAUL, riant. —Ha! ha! ha! Un serpent qui crie! C'est nouveau, cela! Et un jeune loup qui pousse un si petit cri, que moi, qui étais tout près de toi, je ne l'ai pas entendu!
SOPHIE.—Voilà le même cri! Entends-tu?